Groupe scolaire – Le Tampon – Réunion

| Couleurs du temps

Ce projet a été réalisé en co-traitance avec l’agence REC (David Rechatin) à Albi.

Un groupe scolaire ancré dans son territoire. « Le choix de l’équilibre pérenne et durable d’éléments naturels pour une architecture des générations de demain »
Le groupe scolaire est là, aux marges de la ville, il se tapit dans le paysage, lieu d’enseignement impersonnel et obsolète des années 70, qui devient  lieu de rencontres, d’échanges et de convivialité.

Le programme stipulait « Réhabilitation Lourde du groupe scolaire » et concernait une maternelle et une primaire.

C’était sans compter les lourdeurs administratives, et le contexte économique augmentant la lourdeur de la réhabilitation, la rendant parfois électrique.

Respectant le contexte géographique mais surtout le contexte climatique à mi-hauteur des pentes, frais en hiver, pluvieux en été, les bâtiments se devaient d’être protégés par de larges toitures, et les circulations par des coursives abritées.

Désorganisés, issus de bâtiments disparates et inadaptés, et séparés par une rue, le parti a été de redonner une unité à l’ensemble et une cohérence fonctionnelle.

Profitant d’une modification de programme engendrée par une augmentation de population, l’école élémentaire est regroupée en supprimant la rue existante en son milieu, et en créant  un théâtre extérieur, lieux d’échange convivial, reliant les parties hautes et basses de la cour de récréation.

Dans la même synergie, un espace « conte » est créé sur les talus existants et sert d’accès à la partie haute de 5 classes, nouvellement créée de la maternelle.

La simplicité du parti architectural et fonctionnel est en soi déjà l’apanage d’une architecture réussie. Elle concourt à assurer un choix bioclimatique passif que déjà dans le passé les cases anciennes toutes proches avaient su opérer. L’ombre et la couleur sont les partenaires ancestraux de cette architecture, elles sont ici réinterprétées pour le confort des enfants et la force plastique que le subtil jeu de la lumière sur les volumes confère au lieu.
Si selon Vitruve, l’architecture doit être belle et fonctionnelle, elle doit être faite pour durer ; si ces deux premiers critères ont conduit notre hiérarchisation des choix opérés, la durabilité de l’ouvrage est fondamentale. Le recours au métal brut des structures, au-delà de son rapport à la lumière, garantit la pérennité de l’ouvrage.
À partir de l’esquisse, le maître mot a été « contextualité », permettant d’utiliser au mieux les ressources et les savoirs locaux, permettant d’affiner les choix techniques les plus simples, accessibles à tous types d’entreprises, conscient à l’instar de Paul Valéry, que toute modernité
n’est que l’âme du passé.